Suis-je ce que je mange ?

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Sujet du colloque annuel de la chaire de Unesco « Alimentations du monde ».

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La chaire de Unesco « Alimentations du monde » se retrouvait à Montpellier Supagro pour la 5ième fois depuis sa création afin d’aborder les liens complexes qui unissent alimentation, santé et bien-être. Pour ce nouveau rendez-vous annuel, il s’agissait de traiter la question: « Je suis ce que je mange ? ».

Ce colloque commence par l’introduction de Jean-Michel le Cerf, nutritionniste à l’institut pasteur de Lille, bien décidé à déconstruire les idées reçues concernant notre alimentation. Selon lui, il n’existe pas de mauvais aliments, d’aliments parfaits ou encore d’aliments indispensables. Il s’oppose donc aux libellés sur les étiquetages des produits alimentaires mis en place par le gouvernement français car ils interdisent la consommation de certains aliments. Ceci entraine des inégalités. Du fait de leur libellés, les prix de certains légumes ou poissons par exemple, vont augmenter et seront donc ainsi plus rares à la consommation pour ceux consacrant un budget plus faible à leur alimentation.  Pour le citer: « Nous visons l’assiette, mieux vaudrait viser les déterminants de l’assiette ». Nous voilà bien avancés.

S’en suit de cette prenante introduction, un débat sur la place de l’aliment dans l’alimentation. Il en ressort que cette dernière prend des dimensions politiques et symboliques de plus en plus importantes que ce soit à travers la question de la malnutrition dans le monde, avec l’obésité et la sous-nutrition. Ces nombreuses interrogations entrainent l’évolution de réformes (par exemple: la taxation des produits sucrés, la valorisation du patrimoine culinaire traditionnel, une éducation alimentaire…) ce qui fait de l’alimentation, un outil politique important.

On entre enfin plus dans le vif du sujet grâce à la biologie moderne. Le physicien et directeur de l’unité de recherche en neuro-gastroentérologie à l’Inserm, Michel Neunlist présente le ventre comme un cerveau avec la présence de 60 neurones sur 100 micromètres d’intestin. On peut donc affirmer que l’intestin est soumis à un contrôle nerveux. Ce lien peut s’illustrer par la relation entre les problèmes d’intestin et l’arrivée de maladies du comportement mental. Tristan Fournier, sociologue, affirme que l’expression des gènes peut être influencée par l’alimentation. En effet, selon des études, les 1000 premiers jours de la vie influenceraient la santé future des individus. C’est pourquoi l’Organisation Mondiale de la Santé souhaite sensibiliser les jeunes parents au rôle de la nutrition intra-utérine et infantile. Pour Monsieur Fournier, cela ne suffit pas. Il est primordial selon lui de repenser les liens entre santé et alimentation. 

Pour conclure, l’alimentation est à l’origine de plusieurs enjeux aujourd’hui et fait naitre de nombreuses interrogations concernant son rôle et la façon dont elle doit être pensée à l’avenir. De ce colloque en ressort la phrase « Dis moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es ». Ce qui à la base était simplement une question de besoins et d’envies, devient une affaire publique.

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http://www.chaireunesco-adm.com/spip.php?rubrique2

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